LE COUP D’ETAT DE KASAVUBU

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Soutenu aussi bien par les Etats-Unis que par la Belgique et la France, Kasavubu déclare le 5 septembre: “Lumumba a trahi la tâche qui lui était confiée, il jette le  pays dans une guerre civile atroce, j’ai jugé nécessaire de révoquer immédiatement le gouvernement.” (2)

Une heure et demi plus tard, Lumumba réagit sur les ondes de la radio nationale: “Kasavubu a publiquement trahi la nation. Il veut détruire le gouvernement nationaliste qui a lutté avec acharnement contre les agresseurs belges, contre les  ennemis de notre indépendance nationale.” Le lendemain, le gouvernement de Lumumba prend une décision historique : “Les Ministres, réunis en conseil extraordinaire, déclarent déchu le Chef de l’Etat.” (3)

Le même jour, monsieur Iléo ordonne, sur instruction de Kasavubu, l’arrestation de Lumumba. Le même Iléo forme un gouvernement où se retrouvent les principaux agents du néocolonialisme: Bomboko, Adoula, Bolikango, Kalonji, Dericoyard, Kisolokela et Delvaux. (4) Iléo, l’homme de l’Eglise catholique, déclare à propos de la courte période du gouvernement Lumumba : “C’étaient deux mois d’angoisse, d’inquiétude et de misère.” (5)

Au même moment, la Mission technique belge à Lumumbashi envoie un rapport à Bruxelles : “La révocation de Lumumba a fortifié le leadership que Tshombé détient comme défenseur de la reconstruction politique de l’ancien Congo belge sur une base confédérale. La réussite de l’expérience katangaise provoquera vraisemblablement la reconstruction du Congo à partir de Lubumbashi.” (6) C’est un bon résumé de la politique néocoloniale belge: à partir de l’Etat sécessionniste katangais, reconquérir tout le Congo.

Mais très vite, cela tourne mal pour les politiciens pro-impérialistes. Le 6 et le 8 septembre, la chambre soutient Lumumba contre Kasavubu par 60 voix contre 19 et le sénat fait de même par 41 voix pour, 2 contre et 7 abstentions. Le 13 septembre, les Chambres réunies votent les pleins pouvoirs au gouvernement Lumumba. (7) Le même jour, Lumumba renforce son contrôle sur l’armée en nommant Mpolo lieutenant-général.

Le 14 septembre, désespéré, Kasavubu réagit en désignant Mobutu comme

commandant en chef de l’armée.(8) C’est ainsi que Kasavubu a ouvert le chemin vers la dictature mobutiste.

 

nguruwasingya@gmail.com

 

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