DECLARATION DU GOUVERNEMENT CONGOLAIS SUR L’ATTAQUE DE GOMA 21 mai 2013

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Le Gouvernement de la République Démocratique du Congo informe l’opinion publique que ce lundi 20 mai 2013, des mutins du M23 ont attaqué les positions des Forces armées de la RDC à Mutaho, à une dizaine de kilomètres au Nord de Goma.

Les FARDC ont répondu au feu avec efficacité et ont mis en déroute les assaillants lourdement armés après trois heures d’intenses combats. Les éléments du M23 et leurs supplétifs étrangers ont été contraints de battre en retraite vers Kibati plus au Nord.

Cette attaque manifestement préparée de longue date au regard des moyens humains et matériels projetés par les forces négatives visait sans aucun doute à dissuader, voire empêcher le déploiement de la Brigade Spéciale d’Intervention des Nations-Unies instituée par la Résolution 2098 du Conseil de Sécurité pour soutenir la pacification et la stabilisation de l’Est de la République Démocratique du Congo.

Cette agitation criminelle des éléments des forces négatives du M23 continue à faucher des vies humaines dans notre pays. Le bilan des combats de ce lundi 20 mai fait état de 15 éléments tués et 21 blessés lors des combats d’hier parmi les pseudo-mutins du M23 tandis que les forces gouvernementales ont enregistré 4 morts et 6 blessés.

Six assaillants ont été capturés par les Forces armées de la République démocratique du Congo tandis que deux autres, qui tentaient de prendre la fuite, ont été capturés par la population et remis à la Police Nationale Congolaise. Parmi ces derniers se trouve un mineur d’âge, un de ceux qui ont été recrutés récemment et formés sommairement par des instructeurs mis à la disposition du M23 par un pays de la région dont les démentis au sujet de son implication dans la déstabilisation de l’Est du Congo ne trompent plus grand monde. Nos compatriotes autour de Mutaho, Kibati et environs sont à féliciter pour avoir contribué à la sécurisation de cet espace en se saisissant de ces criminels en fuite pour les remettre aux autorités. Un exemple à suivre pour l’avenir.

Des armes lourdes et plusieurs caisses de munitions en provenance de l’extérieur ont été récupérées dans deux positions avancées de l’ennemi passées sous le contrôle des forces régulières congolaises.

Des fausses informations ont été répandues aux quatre vents autour de cette énième éruption de violence au Nord Kivu. Elles attribuent aux forces du gouvernement de la RDC l’initiative des affrontements qui ont repris lundi à Mutaho. Un porte-voix des mutins du M23 a même prétendu que les miliciens de cette force négative avaient été pris à partie par les Forces armées de la République alors qu’ils étaient aux prises avec des éléments d’une autre force négative, le groupe armé rwandais FDLR.

Le Gouvernement dément catégoriquement cette assertion qui est devenue un lieu commun pour certains criminels endurcis et impénitents cherchant désespérément à nourrir les prétextes irrationnels brandis par les hégémonistes et prédateurs actifs dans la région des Grands Lacs pour revendiquer une sorte de droit d’agresser et piller la République démocratique du Congo et confirme que le M23 et ceux qui le soutiennent dans la région ont délibérément perpétré cette attaque pour retarder l’avènement la paix dans une région qu’ils ont mis sous coupe réglée depuis de longues années.

Le Gouvernement réitère ce jour sa ferme résolution à continuer à recourir aux trois axes définis par Monsieur le Président de la République pour gérer et mettre fin au cycle des violences qui sèment la mort et la désolation dans les provinces du Kivu depuis 15 ans, à savoir : l’axe diplomatique, l’axe politique et l’axe militaire.

Le M23 et ses mentors ont attaqué les FARDC après avoir quitté délibérément la table de la rencontre de Kampala en y laissant les délégués du Gouvernement seuls avec la facilitation ougandaise.
Le Gouvernement de la République réitère sa détermination à mettre en application la stratégie triptyque du Chef de l’Etat consistant à rechercher des solutions politiques et diplomatiques à la crise humanitaire et sécuritaire provoquée par l’agression sans renoncer pour autant à l’option militaire qui reste un droit inaliénable pour tout Etat victime d’une agression militaire.

C’est le lieu de rappeler à tous ceux qui prennent un malin plaisir à accuser le Gouvernement de la République Démocratique du Congo d’opter pour une solution exclusivement militaire, voire militariste de cette crise que notre délégation est allée à Kampala dans le but d’offrir au pays une chance de gérer sans violences supplémentaires les enjeux internes de la guerre de l’Est en permettant aux forces négatives du M23 de se désarmer et se démobiliser pacifiquement.

Dans ces conditions, prétendre, comme certains dans la région n’hésitent pas à le faire avec un incroyable aplomb, que la RDC ne privilégie que l’option militaire, c’est mentir ou faire preuve de mauvaise foi. À moins qu’il ne s’agisse de la recherche d’un de ces prétextes fourre-tout auquel on ne nous a que trop habitué lorsqu’il s’agit de justifier l’injustifiable.

Pour mémoire, c’est le M23 qui a décidé de se retirer du dialogue en cours à Kampala et non le Gouvernement.

La promulgation le 13 mai par le Président Joseph Kabila d’une Ordonnance portant Création, Organisation et Fonctionnement du Mécanisme National de Suivi et de Supervision de la Mise en Œuvre des Engagements Souscrits aux Termes de l’Accord-Cadre pour la Paix, la Sécurité et la Coopération pour la République Démocratique du Congo et la Région (Accord d’Addis Abeba du 24 Février 2013) apporte par ailleurs l’illustration de la volonté de la République démocratique du Congo de travailler de concert avec tous les Etats parties pour le rétablissement d’une paix durable dans la région des Grands Lacs. Ce cadre comprend en outre un espace de dialogue et d’échanges avec les Forces Vives de la Nation au sujet de la mise en œuvre de l’Accord-cadre d’Addis Abeba.

Il en est de même des Concertations Politiques nationales que le Président de la République s’apprête à organiser incessamment et dont la tenue a été annoncée depuis le 15 décembre 2012 dans le but de rétablir et consolider la cohésion nationale face au cycle des violences et les menaces récurrentes contre l’intégrité de la République Démocratique du Congo.

Il appert donc assez clairement qu’à l’instar de tout gouvernement raisonnablement diligent, nous savons bien qu’aucune guerre ne se termine de manière durable que par l’usage exclusif de la force.

Ceci dit, il doit être bien entendu que lorsque, en dépit de tous ses efforts pacifiques aux niveaux international et national, des initiatives adverses viendront fragiliser la situation de paix et de sécurité n’importe où sur toute l’étendue du territoire national qu’il est de son devoir sacré de maintenir, le gouvernement assumera pleinement sa responsabilité de sauvegarde et de protection des populations congolaises, y compris par l’exercice de la coercition c’est-à-dire l’usage des moyens militaires légitimes qui sont à sa disposition.

L’exercice de cette responsabilité n’est pas négociable.

Lambert MENDE OMALANGA

Ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté

nguruwasingya@gmail.com

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