LUMUMBA : COLONIALISME ET ” ELECTIONS LIBRES “

Image

Fin 1959, la Belgique veut toujours déterminer unilatéralement les conditions de l’indépendance pour que rien de fondamental ne change. Elle rejette la

revendication des partis nationalistes d’une Conférence où les modalités de

l’indépendance immédiate seraient fixées de commun accord entre les parties

belge et congolaise. Et la Belgique pense que des “élections libres” peuvent donner une légitimation à ses complots néocoloniaux.

Le 7 octobre 1959, l’administration coloniale annonce la tenue d’élections

communales en décembre. Elle croit qu’à ce niveau, les forces pro-colonialistes, et notamment les chefs coutumiers, gagneront les élections.

Au congrès du MNC-L, tenu du 23 au 29 octobre 1959, Lumumba demande

l’indépendance immédiate et décide de boycotter les élections. Lorsque

l’administration veut arrêter Lumumba, des affrontements entre les masses

nationalistes et la gendarmerie font 20 morts. Le gouverneur de Kisangani, M.

Leroy déclare : “Lumumba a provoqué des émeutes pour empêcher les élections. Il a reçu d’un étranger des leçons de technique révolutionnaire.” (12) Lumumba est emprisonné le 31 octobre. Lumumba, vainqueur inattendu des élections. Dans un climat social qui se dégrade très vite, une Table ronde est organisée à Bruxelles du 20 janvier au 20 février 1960. Sous la pression des délégués congolais, la Belgique doit libérer Lumumba qui arrive à la Table ronde pour y faire un triomphe. La date de l’indépendance est fixée au 30 juin.

Les élections nationales ont lieu le 22 mai 1960. La Belgique est convaincue que la victoire des partis pro-impérialistes est assurée grâce au soutien de l’Etat colonial, à l’aide financière des grandes entreprises belges, et grâce à l’appui de la puissante Eglise catholique. Et pourtant, le PNP, le ” Parti des Nègres Payés “, comme on dit à l’époque, perd les élections, malgré les moyens formidables mis à sa disposition, malgré la campagne virulente de l’Eglise catholique contre les nationalistes. Les nationalistes s’imposent haut la main. Le MNC-L obtient 35 sièges à la Chambre et le PSA, avec 13 sièges, devient le principal parti de la Province de Léopoldville (Congo Central, Kwilu, Kwango et Lac Mai Ndombe). Personne ne s’attendait à ce que l’ABAKO, parti renommé à Kinshasa,  puisse être battu dans ” sa ” province par le PSA, le parti nationaliste le plus radical. Le CEREA de Kashamura, avec 10 sièges, et le Balubakat de Sendwe, avec 7, rejoignent la coalition MNC-L et PSA.

 

nguruwasingya@gmail.com

This entry was posted in Uncategorized. Bookmark the permalink.

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s