Avec ses 16 000 membres, le groupe “Parlons-en” sur Facebook donne aux Congolais un espace pour exercer leur liberté d’expression et contribuer à la démocratisation de la RDC

"Parlons-en" est un espace de liberté d'expression pour parler de la RDC

Par Gaius Kowene, Goma

Parlons-en” est un groupe Facebook créé à l’initiative du jeune congolais Eugène Buingo pour les jeunes congolais. Les travailleurs ayant un accès permanent à internet sont la cible privilégiée de cette initiative. Mais éveiller l’intérêt des jeunes dans les débats en ligne se révèle être un casse-tête pour les administrateurs du groupe.

L’un d’eux, Passy Amani, explique : “Nous réfléchissions beaucoup pour rendre les sujets intéressants. Nous nous appelons plusieurs fois par jour.” L’occasion pour eux de parler de la qualité des contenus.

Et ces efforts ont été fructueux. En quelques mois seulement, le nombre de membres a considérablement augmenté. L’effet de la chaine y est pour quelque chose. “Chaque fois que quelqu’un était invité, il amenait à son tour plus de 5 autres personnes”, renseigne Passy Amani. Aujourd’hui, le groupe compte plus de 16 000 membres.

Mandela est mort plusieurs fois
Ils partagent instantanément toute information qui leur tombe dans l’oreille. Et ce, parfois, sans une vérification minitieuse. C’est le cas des nombreuses annonces de la mort de Nelson Mandela, icône de la lutte anti-apartheid en Afrique du sud.

En pareille circonstance, la communauté corrige rapidement l’erreur. “Quand un membre poste une fausse information, les autres la vérifient et éclairent le groupe”, justifie Passy Amani.

Pour éviter d’autres types de débordements, les administrateurs ont mis en place une charte de conduite. Ils suppriment les publications discriminatoires ou à caractère injurieux.

On ne peut pas plaire à tout le monde
Cette régulation n’enchante pas tout le monde, car elle existe avant tout pour laisser le champ large à l’expression de toutes les opinions. Eugène Buingo, initiateur du groupe, se retrouve souvent sous pression. Le pouvoir en place digère mal la tolérance des critiques des membres contre sa gestion du pays. “Un proche du gouverneur de province a plusieurs fois tenté de me convaincre d’abandonner le groupe sous pretexte que je risque de perdre mon travail”, se souvient Eugène.

Les rebelles, eux, supportent difficilement la suppression de leurs membres qui se distinguent dans la diffamation. “Parfois je reçois des appels téléphoniques pour me demander de rajouter des comptes des rebelles sanctionnés par les administrateurs”, raconte Eugène. 

Aujourd’hui, les administrateurs se félicitent de leur contribution dans la démocratisation de la RDC. Eugène Buingo résume ce sentiment : “Parlons-en est devenu comme une école qui aide les Congolais, pas seulement à exercer la démocratie, mais surtout à la comprendre.”

nguruwasingya@gmail.com

 

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2 Responses to Avec ses 16 000 membres, le groupe “Parlons-en” sur Facebook donne aux Congolais un espace pour exercer leur liberté d’expression et contribuer à la démocratisation de la RDC

  1. c vremt interrecant votre initiative. Courage!

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