Lettre ouverte à Joseph Kabila au sujet de la condamnation du Députe Muhindo Nzangi

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A Monsieur le président de la République Démocratique du Congo

Objet : Mon Indignation au sujet de l’arrestation du député Nzangi Butondo, élu de Goma

Monsieur le président de la République,

La courtoisie voudrait que je commence cette lettre par la formule protocolaire introductive connue de tous : « j’ai l’honneur ». Cependant, le degré extrême de mon indignation me pousse à aller droit au but. D’ailleurs, comment est-ce possible d’exprimer l’honneur quand on est poignardé dans le dos par ceux qui sont censés assurer notre protection ?

 En effet, Monsieur le président, vos services de renseignement et de sécurité nous ont arrachés, comme dans un rêve, notre vénérable et honorable député national, Nzangi Butondo, un élu de Goma, venu en vacances parlementaires, membre du MSR (Mouvement Social pour le Renouveau), parti membre de votre majorité, ce dimanche 11 Août 2013 autour de 12h00, juste après son intervention dans une émission politique d’une chaine locale. On l’a acheminé manu militari par le premier avion en partance pour Kinshasa. Un élu du peuple traité comme un va-nu-pieds. Je pense que certains détails vous échappent quant au respect et à la mise en œuvre de la démocratie. Le droit est clair à ce sujet, tout présumé coupable est innocent avant sa condamnation. 

A votre avis, dire tout haut que vous êtes le chef suprême de l’armée congolaise, est-ce une divulgation du secret-défense de la République ou encore une atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de la nation ? C’est connu de tous que vous êtes le commandant suprême. Le rappeler ne constitue pas, à notre humble avis, un motif d’arrestation.

 

Je suis convaincue que vous avez trop d’affaires sur votre table pour répondre à ma lettre, mais je tiens tout de même à vous révéler qu’en tant que digne fille de Goma, il me serait impardonnable de rester indifférente face à un verdict que d’aucuns qualifient déjà  d’immoral, de corrompu, de pourri, de vil et de perverti. Et cela est une  honte pour la justice congolaise qui réconforte sa réputation de justice à double vitesse.  Je vous adresse cette lettre parce que vous êtes, dans ce dossier,  le seul à poser un geste magnanime pour sortir du pétrin une personnalité dont vous-même êtes témoin de ses actions justes pour la population qu’il représente à la chambre basse du parlement. Point n’est besoin de vous rappeler qu’il fait partie de votre majorité et donc, vous êtes plus qu’invité à réagir rapidement parce que c’est l’honneur et la cohésion de votre famille politique qui sont remis en doute quant au sérieux et au souci du bien être de la population congolaise en général, et du peuple du Nord Kivu en particulier.

 Écrouer le député Muhindo Nzangi à trois ans de prison ferme revient à scier la branche sur laquelle vous vous appuyez. Cette condamnation fragilisera, si ce n’est déjà le cas, votre dignité de garant et de chef suprême de la majorité présidentielle car il nous semble que c’est l’image de la majorité qui est souillée et ternie. Un adage africain dit : « les liens familiaux valent plus que toute autre chose au monde parce qu’on partage le même sang. ». En paraphrasant cet adage, il ressort que vous partagez du point de vue politique le même sang que tous les députés de la majorité. Tous les membres du corps humain ou d’un parti politique (parce que c’est de cela qu’il s’agit), sont indispensables. Quand le doigt est malade, c’est tout le corps qui souffre avec lui et l’on s’examine pour être en forme avant d’entreprendre quoi que ce soit. Ne pas soigner une pathologie, bénigne soit-elle, n’est pas le propre de l’humain.

 Ce pays, votre pays, mon pays, notre pays la RDC a de sérieux et multiformes problèmes et il nous faut des gens sérieux pour les affronter et les résoudre. Je pense fermement que le député Muhindo Nzangi fait partie de cette frange d’hommes politiques qui vous aideront à la recherche des solutions aux problèmes épineux des guerres à répétition qui sévit dans la sous-région des grands lacs. Soucieux de l’avenir de son pays, il était en droit de critiquer les tares constatées dans la manie de gérer la guerre qui sévit à l’Est du pays, qui plus est sa terre natale. Les critiques construisent et forgent. Il y a urgence, il faut agir. 
Dans l’attente d’une suite favorable, daignez Monsieur le Président de la République, accorder une grâce présidentielle au détenu Muhindo Nzangi pour tenir lieu de votre magnanimité que nul ne peut contester au Congo Démocratique.

 Fait à Goma, le 16.08.2013

 Chantal Faida Mulenga-byuma 

 Militante pour le changement

 Tél. : +243994004869

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